L’écriture inclusive désigne l’ensemble des pratiques rédactionnelles visant à refléter une représentation égalitaire des femmes et des hommes dans la langue écrite française. Elle s’appuie sur plusieurs procédés concrets.
Principaux procédés de l’écriture inclusive
- Féminisation des titres et fonctions : Utilisation de formes féminines pour désigner des métiers, grades ou fonctions, comme « autrice », « écrivaine », « cheffe » ou « ingénieure ». Cette démarche est appuyée par les recommandations du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que par certains arrêtés ministériels en France depuis les années 1980.
- Double flexion : Rédaction de formules englobant les genres, en citant ensemble les formes masculines et féminines, par exemple « les étudiants et les étudiantes », « les citoyennes et les citoyens ».
- Point médian ou autres signes de ponctuation : Usage du point pour contracter les deux genres dans un même mot (ex : « étudiant·e », « ami·e·s »), afin d’inclure simultanément les formes masculines et féminines en un seul mot.
Encadrement institutionnel
En France, le Conseil supérieur de la langue française recommande de privilégier la féminisation des titres et l’emploi de termes épicènes, mais déconseille l’utilisation systématique du point médian dans les textes administratifs, invoquant des raisons de lisibilité, d’accessibilité et de simplicité. En 2021, une circulaire du ministère de l’Éducation nationale a rappelé l’interdiction du point médian dans les documents officiels scolaires, tout en acceptant la féminisation des fonctions.
Domaines d’utilisation
- Les textes officiels de certaines collectivités, entreprises et associations appliquent l’écriture inclusive sous diverses formes.
- Plusieurs maisons d’édition, médias et universitaires adoptent ou adaptent partiellement ces pratiques dans leurs écrits.
- L’opinion publique et les institutions restent partagées sur ces usages, suscitant débats et prises de position sur la clarté, l’accès pour les personnes en situation de handicap ou allophones, l’évolutivité de la langue et la visibilité accrue des femmes dans les textes.
Normes et variations internationales
La plupart des pays francophones (Belgique, Suisse, Canada) encouragent la féminisation des titres sans systématiser les abréviations type point médian. Le Québec, par exemple, promeut le recours aux formulations épicènes et à la double flexion plutôt qu’à la typographie inclusive.
Liens réglementaires et historiques
- Arrêté du 21 février 2012 relatif à la féminisation des noms de métiers, fonctions et grades en France.
- Rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (2015).
- Circulaire n° 2017-051 du 28 mars 2017 (fonction publique), Circulaire Blanquer du 5 mai 2021 (éducation nationale).
| Procédé | Exemple | Statut institutionnel |
|---|---|---|
| Féminisation | professeure, autrice | Encouragé |
| Double flexion | « étudiants et étudiantes » | Accepté, recommandé |
| Point médian | « étudiant·e·s » | Déconseillé, parfois interdit |
- Sources principales : Arrêtés ministériels, HCE, recommandations linguistiques officielles.
Arrêté du 21 février 2012 relatif à la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades et titres.
Rapport HCE « Pour une communication publique sans stéréotype de sexe », 2015.
Circulaire du ministère de l’Éducation nationale, Blanquer, 5 mai 2021.

